Nous sommes le Lun 19 Nov 2018 06:39

Grand Raid des Pyrénées - 25 / 27 aout

Avatar de l’utilisateur
 
Messages: 2421
Inscription: Dim 28 Sep 2014 16:14

Re: Grand Raid des Pyrénées - 25 / 27 aout

Message par Pierre-K » Dim 26 Aoû 2018 06:13

Ça y est!! Romain à terminé à la 112eme place! En 41h58’!
Bravo!!

 
Messages: 89
Inscription: Sam 15 Avr 2017 19:06

Re: Grand Raid des Pyrénées - 25 / 27 aout

Message par jean M3 » Dim 26 Aoû 2018 06:22

BRAVO, il coiffe un copain Robert de 10 s !! Super, repos bien mérité Romain.

Avatar de l’utilisateur
 
Messages: 1721
Inscription: Mar 10 Fév 2015 18:31
Localisation: nans les pins

Re: Grand Raid des Pyrénées - 25 / 27 aout

Message par Christophe » Dim 26 Aoû 2018 07:33

Bravo Romain

 
Messages: 85
Inscription: Mer 2 Mar 2016 07:44

Re: Grand Raid des Pyrénées - 25 / 27 aout

Message par Lucas.L » Lun 27 Aoû 2018 10:24

Salut Romain,

Félicitation à toi. j'espère que ça c'est passé au mieux

Avatar de l’utilisateur
 
Messages: 468
Inscription: Mar 9 Aoû 2016 10:55

Re: Grand Raid des Pyrénées - 25 / 27 aout

Message par romain » Lun 27 Aoû 2018 15:25

Bonjour à tous,
Je vois que vous m'avez tous suivis ! Wahouu merci à vous ! C'étais génial d'avoir le tel qui sonnait à chaque CP et d'avoir des messages, merci beaucoup !

En substance, le GRP c'est une échappée belle en moins extrême. Il faut être amateur de KV + et - car ils s'enchaînent sans coup férir (jusqu'à 1700m d'un coup pour le plus gros !) et souvent avec des % de dingue. Le terrain est par endroits très minéral et technique sans atteindre belledonne, puis beaucoup d'alpages nettement plus confortables comme à Annecy pour la Maxi race. Malheureusement trop de portions route à mon goût qui usent un organisme déjà fatigué.
L'ascension du pic du midi est une étape "prestigieuse" mai je n'ai pas trop su l'apprécier. La météo n'à pas trop été de la partie sans être catastrophique, mais le froid et l'humidité ont été souvent très présent, ce qui explique le taux d'abandon assez élevé. Un mot sur les bénévoles, ils sont incroyables ! Aux bases de vie c'était room-service à volonté, et malheureusement dans mon cas le passage par la case infirmerie confirmera leur gentillesse et prévenance.

Je vous concocte un CR plus détaillé de ma course :)

En tous cas, merci à tous pour votre soutien !
Ironman & Ultra-Traileur... What else !???

Avatar de l’utilisateur
 
Messages: 468
Inscription: Mar 9 Aoû 2016 10:55

Re: Grand Raid des Pyrénées - 25 / 27 aout

Message par romain » Sam 1 Sep 2018 18:19

Voici en un peu plus détaillé le récit de mon Grand raid des Pyrénées ! Un "ultra" compte rendu, pour vous familiariser aux ultra-trails :) :) :)

Un an après l’Echapée Belle, et quelques mois après l’Ultra Race d’Annecy, me revoilà au départ d’un ultra, le Grand Raid des Pyrénées. C’est 167km et 10000 m d+ qu’il va falloir parcourir, et contrairement à l’EB, là je ne sais pas trop à quoi m’attendre.

La nuit précédent le départ à été très courte; le départ est prévu à 5h, le réveil à 3h45 et malheureusement un problème d’alarme incendie de l'hôtel coupe la nuit en deux sur les coup d’1h du mat… Bref la course n’a pas commencée que c’est déjà sport :)

5h, le départ est donné, by night. Objectif temps proche de l’EB, à savoir 45h. Plus de distance (23km) mais moins de dénivelé (-1000m), donc je devrai être kif-kif en timing. La question de la frontale étant épineuse chez moi, je pars tout éteint, à l’économie et me place proche de concurrents qui m’éclairent. Ca part très tranquille et je respecte un tempo cool dans ces premiers kilomètres.

Rapidement les difficultés arrivent puisqu’il faut qu’on monte à 2400m de haut pour vadrouiller sur les sommets. Ca grimpe sec, avec de forts pourcentages et peu de possibilités de relance. Ce n’est qu’au km10 qu’enfin je peux trottiner pour la première fois depuis le départ ! Le ton est donné, il va falloir jouer de patience ! On arpente de stations de ski pour accéder aux sommets et arriver au premier ravito, km15. J’y suis en 2h40, 169è. Je ne m’arrête pas, j’ai encore tout ce qu’il faut sur moi.

Vient ensuite une très jolie vadrouille en hauteur, dans des coins très minéraux composés de blocs avec alternance de passage de cols et de courtes descentes relativement techniques. Mine de rien ça use donc je sens qu’il faut être prudent. Surtout que des galères de bâtons apparaissent; un de mes bâtons ne se clipse plus en position dépliée et devient inutilisable … Ca commence !

Au km25 on franchit un dernier col et là le Pic de Midi apparaît. Boudiou qu’il parait haut ! Et dire qu’il va falloir monter jusqu’en haut ! Mais avant il faut négocier une descente de 5km qui nous mène au second ravito , à la Mongie au pied du pic du midi, km 30. Surprise, je passe 76è ! Je n’ai pourtant pas eu l’impression de doubler autant ! Me sentant bien je souhaite faire un arrêt express, mais mes parents me rejoignent, j’en profite un peu. On regarde cette histoire de bâton mais le temps filant, je repars tel quel pour une sacrée partie, l'ascension du pic du Midi, et avec un seul bâton svp ! Ca commence tout de suite par de gros pourcentages dans les alpages, et petit à petit je sens que quelque chose ne va pas. La forme baisse, le rythme diminue, le temps passe et la panique commence à m’envahir. Au ⅔ de la montée, à un ravito, s’en est trop, je m’accorde une pause car je ne comprend pas ce qu’il m’arrive… Je suis rassuré de voir qu’autour de moi les visages sont fermés, signe que tout le monde est dans le dur. Pourtant il faut bien poursuivre cette ascension. La partie finale du pic du Midi est en A/R, on croise donc les concurrents qui redescendent et on s’encourage / félicite mutuellement. Sympa ! J’arrive au sommet bien fatigué mais surtout sans lucidité. Mes parents sont là et mon père me bricole mon bâton pour qu’il tienne en place et je repars.
La descente sera bénéfique car au final, sur les 40km jusqu’au pic du Midi, j’ai du en courir à peine 7 !

De retour au ravito je suis pointé 68è ! Incroyable ! Malgré 3h dans le dur j’ai réussi à limiter la casse ! Cela me rebooste totalement et je repars pour la dernière partie vers la base de vie gonflé à bloc ! 20km à parcourir à travers les alpages avec 3 petits cols courts mais intenses à franchir. Depuis le pic du midi le ciel s’est voilé et la pluie fera son apparition. D’abord fine, puis plus intense et durable, l’humidité et le froid s’invitent à la fatigue, m’obligeant à me couvrir. Les 10 derniers kilomètres sont majoritairement sur bitume. Content de pouvoir relancer, mais mine de rien la route ça use !

J’arrive à la base de vie un peu avant 19h, 67è. Très content de moi, je me restaure et lis les messages de soutien. Pierre me met en garde sur la difficulté de la nuit à venir. Je discute avec des concurrents sur les deux difficultés à venir et j’ai des sons de cloche différents, je ne sais donc pas trop qui écouter. L’un deux espère arriver samedi vers 17h, soit un joli 36h, et me dit que je suis dans son rythme. Mazette ! Je commet là une première erreur en partant de cette base de vie un peu trop confiant sur la suite des événements.

Le programme de la nuit est simple, 42km jusqu’à la seconde base de vie, deux difficultés, un premier KV en deux parties de 1500+ (et 1000-) puis un second de 1100+ (pour 1500-).
Le premier KV se passe bien même si très vite je baisse le rythme. La nuit tombe, le froid s’installe, et au dessus de 1500m d’altitude une brume épaisse enveloppe et détrempe tout ! Visibilité réduite à la frontale (2m max !) et sans m’en rendre compte le froid commence à avoir une emprise sur moi. Je fais fi des sensations et attaque la descente. Raide, humide et pas simple, elle sera particulièrement usante ! Arrivé au ravito du milieu, je sens que la fatigue et le froid m’ont porté un grand coup sur la tête. Il est 1h du mat, cela fait 20h que je suis parti et je n’ai toujours pas dormi. Les lits de ce ravito me font de grands appels du pied que je finirai par refuser, ayant prévu de dormir à la seconde base de vie que j'espérais atteindre vers 3/4h du matin. Nouvelle erreur !

J’attaque cette deuxième difficulté nocturne très humblement car je sens bien que je suis très fatigué. C’était malheureusement pas le bon choix, rapidement le pourcentage devient infernal et littéralement assommant ! Je n’ai plus de force dans les jambes et compense tant que je peux avec les bâtons. Je perds toute lucidité et regrette amèrement de ne pas m’être arrêté dormir. Tant bien que mal je fini par arriver au sommet. Le soulagement est de courte durée, car la descente est comme la montée; droit dans le pentu. C’est un supplice ! Au ravito suivant je suis exténué et fait le choix de m’arrêter dormir plus tôt que prévu car dans mon état actuel je ne peux pas continuer sereinement sur un tel profil. Je me pose 45min, au cours desquelles malheureusement je n’arriverai pas à dormir. Trop froid, trop bruyant, trop fatigué je ne sais pas mais tout au plus j’ai pu somnoler quelques minutes. Je repars dépité et mon agacement fait rage car à peine quelques mètres après ce ravito le profil devenait beaucoup plus cool, en alternant route et chemin. Bigre, si j’avais su je ne me serai pas arrêté !!!

Je continue tranquillement jusqu’à la base de vie que j'atteindrai au petit matin. Je suis très fatigué et mes parents m’attendent. Une pause plus longue que prévu car un petit détour par l’infirmerie me sera nécessaire, mes orteils encaissant très mal le dénivelé et l’humidité.

Je repars en début de matinée pour attaquer … un nouveau kilomètre vertical :) 1500 m d+ à avaler pour une des dernières grosses difficultés de la course. Au fil de l’ascension, le terrain devient de plus en plus difficile, les alpages laissant place de nouveau à des parties très minérales et techniques, en blocs. Ce col se fera désirer de longues heures en jouant à cache cache avec les nuages et finira de m’achever. J’arrive au ravito du sommet épuisé, en manque total de lucidité et avec les jambes en très mauvais point. 5min de pause les jambes en l’air pour espérer un miracle, puis les bénévoles m’encouragent et me briefent sur la descente; c’est “facile” !
En effet la descente très longue se compose d’un chemin de feu puis d’une route. Rien de bien difficile mais dans mon état de délabrement avancé, le bitume est un nouveau supplice… On arrive à la dernière base de vie et surprise ! Mes parents sont là et ça fait un bien fou car je commence à être au fond du trou, physiquement et moralement. Il me reste 30km et je passe par la case ostéo pour espérer un miracle, car en l’état je ne me voit pas terminer. D’ailleurs, le doute s’installe dans mon esprit et le souhait d’arrêter les souffrances se fait très présent. Car 30km au rythme actuel, ça va me prendre du temps !
Bon gré mal gré je continue ma route, pour attaquer …. le dernier kilomètre vertical de cette course ! Le tout en marchant trèèèèès lentement. Plus question de classement, plus question de temps, juste mettre un pied devant l’autre. Point positif ou pas de cette dernière portion, tous les parcours se rejoignent et je ne suis plus seul. L’épuisement m’accable et je lutte contre l’envie de faire demi-tour et abandonner, en retournant au ravito. Je peux constater que les concurrents des autres distances sont tout aussi atteints que moi, et tout le monde s’encourage. C’est cool ! Du coup je me sors une dernière fois les doigts pour essayer comme je peux de prendre la roue de ceux qui me doublent. Je n’arrive pas forcément à suivre mais au moins cela me permet de ne pas m’encroûter :) Au sommet, le soulagement est intense, j’en ai enfin FINI avec les enchaînements de KV de cette course ! Plus que 300 petits mètres de D+ et le reste c’est que de la descente !
Mais avant il y a une descente à négocier. M’étant un peu enflammé au sommet, je le paie cash quelques mètres plus loin. Le terrain redevient difficile, entre des souches et mes jambes me font souffrir le martyr. Le long d’une rivière, l’humidité et le froid redeviennent intenses et mes forces m’abandonnent. Je me trainerai lamentablement jusqu'au dernier ravito. Il est 20h, la nuit commence à tomber. Il reste 16km avant la fin, que de la descente. D’après les concurrents, la dernière descente est “sale”, et je n’ai ni la force ni le courage de l’affronter. Au ravito, il y a des véhicules d’évacuation. Ma décision est prise, j’arrête là. Tant pis c’est dommage, mais je n’ai plus la force… Un coup de fil à la famille, et un terrible “c’est dommage d’arrêter là, prend ton temps on est pas pressé” résonne dans le téléphone…. Allez, au moins je tente ma chance et on verra bien ! Je me couvre de tout mon équipement de sécurité car la pluie et le froid s’invitent encore à la fête et me lance. On est dans un alpage, la nuit tombe et il pleut. La visibilité est très réduite mais miracle, comme à l’Echappée Belle, j’arrive à trottiner de nouveau. “C’est bien Romain, prend ce qu’il y a à prendre” :) Je continue ainsi, mètre après mètre et au final, je suis un des rares à courir. Dingue, et ouffissime :) Je reprend une expression d’Amandine Ferrato : “Quand ça sent l’écurie les chevaux galopent” !
Il m’aura fallu 3h pour faire ces 16km. Mais au final, foulée après foulée je finirai par arriver en bas. Au village, c’est comme au tour de France; une haie d’honneur accueille les concurrents ! Dernière ligne droite, sous les yeux de la famille et je franchis la ligne d’arrivée à 23h30, 113ème en 42h !

Epuisé, soulagé, et surtout content d’en avoir fini de cette épreuve !

Un grand merci à mes parents de m’avoir encore une fois suivi le long de cette course. Sans eux je ne serai pas allé au bout ! Merci aussi aux bénévoles de cette course, toujours un mot pour encourager !
Ironman & Ultra-Traileur... What else !???

Avatar de l’utilisateur
 
Messages: 1721
Inscription: Mar 10 Fév 2015 18:31
Localisation: nans les pins

Re: Grand Raid des Pyrénées - 25 / 27 aout

Message par Christophe » Lun 3 Sep 2018 08:21

Bravo ,finir au mental quand ton corps dit stop, c'est compliquée et tu l'as fait !

 
Messages: 89
Inscription: Sam 15 Avr 2017 19:06

Re: Grand Raid des Pyrénées - 25 / 27 aout

Message par jean M3 » Lun 3 Sep 2018 16:52

Oh que OUI, je comprends, au moins une partie, on croit que c'est toujours plus facile pour les autres !! Non, c'est kif kif bourricot, la différence est seulement la vitesse et la durée. Une belle prouesse Romain et super CR. BRAVO.

Précédente

Retourner vers Compétitions

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité